Découverte

A la découverte de jacqueville

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A la découverte des zones touristiques, le vent de novembre nous conduit sur les routes de Jacqueville, en partance de Grand-Bassam.

Vite fait nous traversons Port-Bouët, Koumassi, Marcory sous une pluie battante que nous espérons – sans vraiment y croire – limitée à Abidjan.

Le passage du pont HKB laisse la pluie derrière nous. Une seule disposition à prendre à cette étape, prévoir de la monnaie pour passer le péage. Autrement il faut passer par les communes de Treichville, Plateau pour aboutir sur Adjamé si on veut éviter le péage. Le ciel se dégage au fur et à mesure que nous progressons nous nous permettons de rêver à un beau soleil.

La voie dégagée de l’autoroute du nord nous mène par une bifurcation, au niveau de la station ANDA OIL, sur la A3 qui mène normalement à Dabou.
C’est à Songon Dagbé au niveau de la gare de transport Dabgé que nous trouverons, à l’intersection, une voie sur notre gauche qui prend la direction de Jacqueville.

Avant d’accéder au pont de Jacqueville, nous faisons escale à Songon Park, un espace détente et de gastronomie que nous vous recommandons.
Une fois détendus, nous quittons Songon Park. Le pont Philippe Grégoire Yacé inauguré le 21 mars 2015 et communément appelé pont de Jacqueville, n’attend que nous.

Pause photo à l’entame du pont et causette avec les gendarmes bienveillants qui n’hésitent pas à nous recommander des adresses à visiter.

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Ils nous présentent aussi l’emplacement de l’ancien bac, jadis unique moyen de transport en commun qui permettait d’accéder à Jacqueville.

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Nous franchissons le pont et marquons un arrêt à la sortie, pour faire une provision en abolo et poissons grillés. Nous découvrons à l’occasion les « dents d’éléphants », sortes de croquettes en bâtonnets pointus à base de farine et d’amidon, de couleur ivoire.

C’est l’occasion pour nous, reprenant la route, de faire une escale sur le bord de route et déguster de l’abolo. Le coffre arrière fait office de table à manger pour l’occasion. On apprécie la nature, on respire l’air pur… la vie est belle quand elle est aussi simplement vécue !

Il faut ensuite reprendre la route. Notre destination n’est plus qu’à quelques kilomètres. Surtout que nous avons pour objectif et même pour impératif de capturer le coucher de soleil à partir de la Presqu’Île du Christ où nous passons la première nuitée. Nous vous en disons plus sur ce splendide coucher de soleil dans quelques pages.

La route est très bonne, droite et large, avec des marquages

bien visibles. Jacqueville présente un bord de mer propre, dû au bon sens des courants marins qui l’épargne de récupérer la pollution du littoral abidjanais.
Le bord lagunaire, quoiqu’un peu excentré par rapport à la ville, reste rapidement accessible et d’une beauté sans pareil. Notre ressenti, c’est que les quelques hôtels et campements situés en bordure de lagune ont la chance inouïe de se partager la plus grande piscine de Côte d’Ivoire, nous rappelant à quel point la nature est merveilleusement façonnée.

A Jacqueville les hôteliers ont, pour beaucoup d’entre eux, le sens du respect de l’environnement. Cela transparait dans la beauté du site.

En terme de transport, rien de meilleur et de plus original que les petites motos taxi de 3 roues, 4 places passagers, qui vous emmènent partout dans la ville et même en dehors.
Autrefois alimentées en énergie solaire, ces motos taxi sont passés au gasoil à cause de la défaillance du système solaire.

Ce joyau touristique, désenclavé par la construction du pont, souffre des embouteillages des voies de Yopougon à même de freiner les ardeurs des touristes.

Sur le retour nous avons testé une voie qui nous a été recommandée par un amoureux de la nature, honorable interlocuteur que nous tenons à remercier dans cette colonne. Une route sans encombre, mais qui éprouve quelque peu les amortisseurs. Elle passe par Songon Agban, au niveau de la pharmacie de Songon, pour emprunter la Rue 3514, passer par des villages où s’arrête le bitume, jusqu’à atteindre l’autoroue du Nord.

Jacqueville est un site riche en histoire et en culture. Vous y trouvez une église centenaire, quelques vestiges de l’époque coloniale notamment des bâtisses datant de l’an 1800, des canons récupérés par la chefferie locale qui pointent encore fièrement en direction du ciel dans une cour familiale, et le mausolée de feu Philippe Grégoire Yacé (23 janvier 1920 – 29 novembre 1998), compagnon de première heure de feu le Président Félix Houphouët-Boigny.

Enfin la grande anecdote du voyage, une palabre avec des doyens sur fond de jeu des alliances interethniques, qui a vite laissé place à une invitation à déjeuner pour sceller la réconciliation. Rappelant à quel point la tradition et la culture du dialogue interethnique permettent de maintenir un équilibre à la fois fragile et permanent entre les communautés en Côte d’Ivoire.

Si les ivoiriens aiment faire palabre, c’est parce qu’ils adorent se réconcilier.

Nicaise DIBY & jb Cotton

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