Artisan

Moussa Ouédraogo

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Moussa, expert dans l’art « d’imprimer » les couleurs une à une sur du tissu, nous explique tout sur le processus de fabrication du bogolan.

La première étape consiste à choisir le tissu, du 100% coton pour s’assurer que les teintures pourront bien s’imprégner. Les motifs sont ensuite dessinés au stylo, les premières intentions et formes commencent à donner naissance au bogolan. Une fois le dessin parachevé, nous entrons maintenant dans une série d’étapes qui se répèteront couleur après couleur. Il s’agit d’enduire le tissu d’une cire d’abeille et à l’aide du pochoir la cire est répandue sur les surfaces qui ne devront pas être teintées. En passant ainsi la première couche de cire, tout ce qui sera recouvert restera blanc. Le tissu trempé dans la teinture absorbera la couleur. Après un bon bain d’eau bouillante permettant de retirer la cire, la magie opère… le tissu nouvellement teinté laisse ressortir en blanc toutes les parties préalablement cirées et en couleur toutes les autres. Une nouvelle couche de cire permettra maintenant de conserver, en plus du blanc, la nouvelle couleur et pourquoi pas par principe de balayage (la cire n’est appliquée que par traînées) de créer des « dégradés » de couleurs. L’aspect fastidieux du travail repose sur le fait que chaque couleur nécessite cirage, teinturage, nettoyage. Dîtes vous ainsi que plus votre bogolan contient de couleurs, plus il a demandé expérience et travail. Les rendus finaux sont spécifiques, les couleurs toujours un peu ternies par la technique elle-même donnent une certaine douceur visuelle à chaque oeuvre. Les motifs de Moussa reprennent symboles et autres traditions africaines, éléphants, danseurs, pilons, masques…

En soi tout est possible sur tout type de support, nappe, boubou, tricot ou simples bandes décoratives.

Roméo A.

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